EXPOSITION / 2013

Peinture la colț

Anca Mureșan

Image d’annonce de l’exposition.
DATES
24.05.2013
CONTEXTE
Casa Mița Biciclista (NAG 7)
CONTACT
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La peinture comme dilution des jours, de la réalité et de la mémoire.

L’occupation d’un peintre est soit démiurgique, soit la simple gesticulation d’un saltimbanque. Imaginez : vous vous trouvez devant un rectangle blanc et, à partir de matières colorées, vous devez transformer cette absence en une présence visible qui communique quelque chose. C’est un geste d’une vanité absolue ; d’une certaine manière, c’est le péché de l’artiste, la paranoïa fait partie de la fiche de poste. C’est un péché luciférien, sanctionné dans toutes les cultures. Les Grecs anciens l’appelaient hybris, dans le contexte chrétien c’est l’orgueil, et le bouddhisme estime que tout attachement à la réalité vous éloigne d’une illumination possible. Bref, le peintre est d’emblée sur une mauvaise voie. Comment échapper à ce cercle de feu ? Eh bien, la seule réponse que je pressens est la suivante : on s’en échappe soit par la folie, soit par l’intelligence. La première voie est celle du célèbre artiste et de son oreille. La peinture devient thérapie, un désespoir qui vous équilibre temporairement puis vous consume l’âme, le cœur, les organes, le cerveau et, finalement, la vie. Il existe pourtant aussi la variante du peintre très intelligent qui, par des combinaisons successives d’expériences et de stratégies d’approche du combat, parvient à montrer tout le combat du peintre avec le vide. Il y a moins de dramatisme, mais plus de clarté dans la démarche. Le peintre intelligent nous présente le graphique de la lutte de l’artiste avec le monde. C’est une sorte d’implication partielle : l’artiste fait un clin d’œil au public, il est plutôt un présentateur que quelqu’un qui vit le processus. Anca Mureșan est un exemple hybride. C’est une peinture obsédée par la centralité, un horror vacui déchaîné. C’est une tentative de structuration par accumulation chromatique, chaque centimètre carré de toile regorgeant d’information. Ce type de peinture obsédante tente d’annuler le rectangle blanc, c’est un Protée qui devient ossature et chair par l’assiduité et la dépense psychique.

Eh bien, les œuvres de la présente exposition procèdent à l’inverse. C’est une démarche logique qui dilue la structure de l’image. C’est une dilution des jours, de la réalité et de la mémoire. Les œuvres d’Anca deviennent les fantômes d’une réalité perdue, des madeleines qui circonscrivent un vide. C’est un retour progressif au rectangle blanc initial. C’est une détente de la nécessité de la forme, une dilution assumée et apaisée.

Dan Popescu

Lors de la Nuit blanche des galeries du 24 mai 2013 (NAG 7), la peinture d’Anca Mureșan a été présentée dans la maison Mița Biciclista, à l’angle des rues Biserica Amzei et Christian Tell.

Le texte de Dan Popescu part de la vanité du geste pictural et voit en Anca Mureșan un cas hybride, une peinture obsédée par la centralité et l’horror vacui. Les œuvres exposées procèdent pourtant à l’inverse : elles diluent la structure de l’image jusqu’à en faire le fantôme d’une réalité perdue, dans un retour progressif au rectangle blanc.

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